Carnet de route : Népal

15 jours autour du manaslu / 24.05.2018

Samedi 5 mai, 7h00, nous avons rendez-vous dans le lobby de notre petit hôtel avec Min notre guide, Bir Bahadur notre porteur ainsi qu’avec notre chauffeur. Nous quittons donc l’impressionnante Kathmandu, son architecture unique, ses innombrables temples (hindous ou bouddhistes, parfois un peu des deux), ses ruelles poussiéreuses (ou boueuses selon la météo) et sa circulation chaotique et prenons la route pour les contreforts de l’Himalaya.

Seulement 180 km à parcourir mais vu la circulation et surtout l’état des 45 derniers kilomètres de « route », le trajet nous prend 6 bonnes heures.
Nous arrivons dans le village de Barpak, perché à 2’100m en milieu d’après-midi. Barpak c’est là qu’était situé l’épicentre du terrible tremblement de terre qui a dévasté le centre du Népal en avril 2015, pour nous, cela sera le point de départ du trek de 15 jours autour du Manaslu (8’138m).

En deux petites journées de marche, nous escaladons deux crêtes et nous redescendons au fond de la vallée de la rivière Budhi Gandaki à 970m d’altitude dans le petit village de Korlabeshi.

C’est cette vallée que nous allons remonter pendant 7 jours jusqu’au col de Larke à plus de 5’000 mètres. Et si, pendant ces 2 premiers jours nous n’avons croisé aucun autre randonneur, c’est ici que l’on rejoint le parcours standard du trek du Manaslu et quelques minutes après notre arrivée à la Teahouse de Korlabeshi nous sommes rejoints par Frédéric, un sympathique pilote de ligne suédois d’une cinquantaine d’année qui marche seul (avec guide et porteur) et avec qui nous allons faire l’essentiel du reste du chemin.

Les paysages que nous traversons les jours suivants sont très variés. Des montagnes bien-sûr, de plus en plus hautes et de plus en plus impressionnantes mais aussi de petits villages qui sont reliés entres eux (et au reste du monde) uniquement par le sentier que nous parcourons (nous le partageons donc avec toute une tripotée de mules). Partout on observe les marques du bouddhisme : Stupas, monastères, murs Mani et bien-sûr les innombrables drapeaux de prière. À partir du 6ème jour de marche nous arrivons dans des régions habitées quasi exclusivement par des populations tibétaines et le « Namasté » de salutation est rapidement supplanté par le chantant « Tashidelek ». La végétation est étonnamment (relativement à l’altitude) luxuriante. Des arbres jusqu’à plus de 3’500m et même des cultures jusqu’à près de 4’000m !

Les paysages sont variés mais le programme de nos journées, lui, est relativement standard :

7:00 / On rejoint Frédéric dans la salle à manger de notre teahouse pour petit-déjeuner. Au menu (commandé la veille) : deux cafés au lait, deux pancakes avec confiture et miel plus un muesli (ou porridge) avec des pommes et du lait chaud que l’on partage à deux.

7:45 / On boucle notre gros sac avant de le donner à Bir Bahadur (surnommé Barbidulle) pour la journée. Nous, on n’a qu’un petit sac à dos de 3-4 kilos pour marcher. Frédéric a fait de même avec son porteur, en route!

Nous marchons donc à 7, même si les 2 porteurs sont souvent loin devant ou légèrement derrière. On a bien le temps de discuter de la famille royale suédoise, de la force du soleil australien ou d’autres sujets passionnants. Dyo, le guide de Frédéric, est extrêmement volubile (et très sympathique) ce qui contraste avec Min qui parle très mal anglais et qui communique peu.

Vers midi (ou parfois déjà à 10h30) / Nos guides nous proposent de s’arrêter pour le lunch dans une… teahouse le long du chemin. Bien souvent nous commandons un Dal Bhat ce qui n’exclu pas une attente parfois longue !

Entre 14:00 et 17:00 / Arrivée à destination (à la… teahouse). En 2 minutes chrono notre gros sac est déposé dans notre chambre, on considère ensuite la/les possibilité(s) de douche et on se détend un peu.

17:00 / On prend le thé à la salle à manger. Nous choisissons souvent le méga thermos de thé au gingembre que l’on partage (à 2 ou à 3). C’est l’occasion d’écrire quelques lignes dans notre journal de bord. Il ne faut pas non plus oublier de commander le souper en avance !

19:00 / Souper. Spaghetti, macaroni, ravioli (chinese style), riz, nouilles, curries, röstis (!), pizza (on n’a jamais osé), soupes ou dal bhat bien-sûr, la carte est étonnamment variée. Par contre, elle est quasi identique d’une teahouse à l’autre sur l’entier du trek.

21:00 (grand maximum) / Au lit!

À ce rythme-là, on arrive le mardi 15 mai en vue du col de Larke (5’106m). On laisse l’équipe à Frédéric et quelques autres trekkers à la dernière teahouse avant le col et nous poursuivons seuls (enfin à 4+Pitouche).

En effet nous avons ajouté au circuit du Manaslu l’ascension du Larkya Peak (6’249m), pour ajouter un joli challenge à notre trek. Nous devons donc passer deux nuits sous tente à 5’000m, la première au col et la deuxième au pied du glacier qui dévale du sommet. Le matériel nécessaire à l’ascension (notamment le matériel de camping, piolets, cordes, crampons et chaussures) est apporté depuis l’autre côté du col par une équipe de 3 personnes, dont un guide assistant qui s’occupe aussi de la cuisine. Nous avons pas mal de chance, les nuits ne sont pas trop froides (l’isolation au sol est par contre un peu light, mais on est resté en dessus de -5°C), et la matinée au col est splendide : pas un nuage à l’horizon ! On apprécie juste le paysage en laissant de côté les appréhensions pour la nuit prochaine.

On attaque donc l’ascension du glacier au milieu de la nuit, après avoir fait quelques petits exercices dans l’après-midi : utilisation d’un «ascender» et descente en rappel. Ça monte raide ! On a rapidement besoin du piolet, puis de s’assurer avec une corde fixe. Il a pas mal neigé ces dernières semaines, et nous devrons donc suivre un itinéraire plus difficile que prévu. Après 3 heures d’efforts, le ciel s’éclaircit et nous nous retrouvons au coeur d’un cirque de glace et de roches, c’est très impressionnant. Mais…

Nous constatons aussi que nous ne sommes pas très haut (enfin tout est relatif, 5’680 m, en gros) ; Nicolas ne se sent pas très bien et sa toux qu’il traîne depuis plus de 10 jours nous inquiète un peu ; enfin, il faut bien le dire, notre guide et son assistant ne nous semblent pas maîtriser leur partition – la demi-heure d’attente dans une pente ultra-raide, où on ne peut pas bouger, avec des consignes peu claires au moment du redémarrage sera le déclic pour nous faire dire stop. À regrets, bien sûr, mais nous n’avons plus tellement de plaisir. On décide donc de descendre, en partie en rappel, ça va bien plus vite – de jour les inclinaisons des pentes sont encore plus impressionnantes !

Le fait de s’être arrêté assez tôt nous permet de plier le camp dans la matinée et de rejoindre Bhimtang, avec son altitude plus confortable (3’700m), où l’on apprécie la douche chaude de la teahouse.

Il nous reste une bonne journée de marche : on retrouve les fleurs, la forêt, et, à notre arrivée à Dharapani (dernière étape) : la « route ». Celle-ci s’avère encore plus chaotique que celle qui nous avait conduit à Barpak, sur les 45 premiers kilomètres en tout cas (3 heures). Ensuite, on roule jusqu’à Pokhara où nous trouvons tous les services nécessaires aux trekkers fatigués (mais contents) que nous sommes : hôtel confortable, restaurants accueillants, consultation médicale, pizzeria, cafés, et salon de massages, …

 

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